29/04/2017

Chapitre VI

Le tramway de la Rue de la Cité

Le tramway de la cité ainsi nommé, et desservant la ligne dite « ville-haute » fut créé en 1900. Mais à la suite d’un accident en 1904 dû à un freinage infructueux - la pente de la ligne est de 11%- la compagnie CGTE, Compagnie genevoise des transports électriques, décida d’arrêter son service. On s’accorda patiemment un temps de réflexion de quatre ans jusqu’en 1908, puis on décida de démanteler la paire de rails. Le public genevois ne montra exceptionnellement point son dépit. A contrario, les vaillants députés du Grand-Conseil et la horde des fonctionnaires patentés , eurent à regretter à contrecœur ce précieux service . Cette belle et rare carte de la vieille-ville des années 1900, est éditée une fois de plus par les photographes, Jullien frères, Genève. Toutefois, l’attention du photographe de cette vue fut visiblement portée sur « le dernier Dôme » d’une maison pittoresque de la Rue de la Cité.

 

                                                                      tram, Rue de la Cité Genève.jpg

 

 

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07/04/2017

La bise noire

 

Je me souviens d’un jour d’avril,

quand la bise noire s’abattit sur le lac,

et giflait sans égard tout venant.

Sa force vive et transparente,

taclait rageusement des crêtes naissantes.

On entendait alors gémir les toiles des voiliers,

et crisser plaintivement les haubans.

Des mouettes râleuses, ivres et oisives,

piquaient de leur bec cisaillant,

les larmes écumeuses des remous,

comme pour broder les franges éparses de l’intruse.

Les poulardes inquiètes et peureuses,

au milieu de cygnes effarouchés,

regagnaient précipitamment leur gîte pierreux,

sous ce morne ciel de deuil et de colère.

Le lac ressemblait à un tas d’oripeaux flottants.

Le long des quais, de jeunes arbres,

effeuillés et malmenés imploraient le ciel.

Certains, se retrouvant gisants, sans vie.

Leur triste fin blessait mon regard.

Par-dessus le macadam, des essaims de feuilles mortes,

éperdues, virevoltaient et valsaient follement,

frappant comme d’impitoyables lanières en cuir,

et dans un chahut électrique,

la carcasse sifflante des voitures peinant à rouler.

C’était un jour d’Avril, dopé de bise noire.

Un vent du Nord patibulaire et glacial,

pénétrant, mordant, indésirable,

lacérant le badaud d’un impossible souvenir.

Ce jour-là, mon âme était lourde et brisée.

La bise noire est une vielle dame malicieuse,

Malfaisante jumelle de la sorcière hideuse de Halloween.

 

4 Mai 2016 © Burt Hann

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04/04/2017

ChapitreIV

 

 

 

Le ramoneur.

Le ramonage est un métier ancien répandu surtout en Europe. Produit dérivé de la Révolution industrielle, sa naissance date du milieu du XIX siècle (1850). La recherche de confort, notamment une ambiance cosy, dans les maisons individuelles des villes et des campagnes a vu naître les cheminées, lesquelles constituent un décor de charme bourgeois. Dans ce métier, la pratique tient lieu de tout savoir, ne reposant aucunement sur aucune théorie mathématique imaginaire. Essentiellement, l’intervention du ramoneur est de nature préventive, car elle consiste à prévenir la maison du risque d’asphyxie ou de l’incendie. La suie, le bistre des conduits sont des cendres inflammables. C’est une opération de courte durée de nature préventive. Le détartrage des conduits, est généralement effectué une fois par an. Un carnet de route est ordinairement tenu par le ramoneur qui consigne à chacun de ses passages la date et la durée des travaux. Une brosse métallique multibrins et une raclette, sont les outils de base du ramoneur qui travaille généralement seul. La mécanique, l’électricité ont supplanté depuis quelques années les interventions manuelles. La productivité y a gagné. Les cheminées courantes artisanales, sont trop étroites, c’est la raison pour laquelle on fait appel à de jeunes garçons à taille fine, tels que le montre notre photo. De nos jours, on introduit de l’extérieur un long ressort métallique ayant à la tête la brosse métallique, commandée électriquement. Le métier a évolué et la pénétration physique du ramoneur n’est plus qu’un noir souvenir du passé. En outre, celui-ci est préservé de maladies dangereuses dues au toucher et respiration de particules cancérigènes du bistre. En Allemagne, les ramoneurs portent des uniformes élégants et distinctifs.

La carte postale ci-dessous représente en gros plan un jeune ramoneur genevois. Cette image a quelque ressemblance avec les cartes dites : « type de Genève ». Mais elle n’en est pas une : cela pour deux raisons : 1) elle ne porte pas la légende caractéristique de ces cartes. Deux, l’éditeur est Max Kistler et non Juliens frères-photographes Genève. Elle a voyagé en 1905. Cependant, elle est rare et recherchée.

 

 

                                                                        carte postale, le ramoneur.jpg                                        

 

 

 

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