10/12/2017

Chap.XII

 

Dans la cour du Panthéon, un crayon sur un cercueil délicatement posé par Emmanuel Macron Président de la République, est la plus touchante et émouvante image que la triste actualité me procura. Quelle idée, quelle invention, quelle modestie ? Jean d'Ormesson, écrivain prodigue, philosophe, journaliste, académicien, aristo, smart men, aux yeux lumineux d'azur, avait sur la vie, sur la société, et sur la politique, une conscience aigüe et universelle, mais toujours teinté d'humour et d'indulgence, de calembours parfois. Dans nombre de ses ouvrages, trois mots clés revenaient avec persistance : Dieu, la vie, la mort. Comme le maître du monde et sa prodigieuse semence. Il aimait le peuple, et il était heureux quand il apprenait qu'on aimait ses livres et qu'on les lisait. Pourtant, il était de descendance nobiliaire. En effet, jusqu'au septième livre, le succès le fuyait. En foi religieuse, il avait du mal à se définir, à se positionner et alors il versait dans "les peut-être" "on ne sait pas", "on verra après" Il laissait la place au doute. Parfois au cours de sa vie d'académicien, il prit parti en contre- pied des vieux caciques à la posture traditionnaliste et immuable, qui depuis 350 ans ne voulurent rien ajouter ni actualiser le règlement de l'Auguste assemblée. Il fut le seul à défendre bec et ongles l'acception de Marguerite Yourcenar première candidate féminine à l’Académie, depuis la création par Richelieu de ce prestigieux aéropage gardien, du temple Larousse. On l’affligea alors du surnom de « féministe », lui qui s’est marié à l’âge d’un « vieux garçon de 37 ans » .Il lut également le discours de bienvenue de Madame Simone Veil, un texte écrit et lu avec brio, couronnant son entrée à l’Académie, en surprenant le monde par ce début : « Madame, nous vous aimons ». Dans l’un de ses dernier ouvrages, « le guide des égarés », titre emprunté au savant juif Maimonide du Moyen-âge, il s’essaya à décrypter et à analyser les grands vecteurs littéraires et philosophiques du monde : Dieu, le bonheur, l’argent, l’amitié, la Liberté. La lumière, le Temps, etc. Enfin, il confia un jour son plus grand désir : « j’aurais eu l’honneur d’être un intellectuel juif »

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