14/03/2018

Chap. XIII Les cartes postales illustrateurs

On appelle ainsi des Cartes Postales datant du début du XX siècle 1900-1910 environs, des cartes postales dont le motif essentiel est la représentation d’un modèle féminin icone de la mode et traduisant un style pictural rattaché aux courants d’art dominants du moment : impressionnisme, expressionisme, pointillisme, futurisme, sécession, etc. Ces cartes sont dans leur majorité (90%), en couleurs. Cette période précédant la première guerre mondiale (1914-1918), que les experts cartophiles appellent « L’âge d’or de la Carte Postale » a produit la plus part de ces cartes à l’unité ou en série. Des séries groupant dix cartes, vingt cartes, 100 cartes et dans un cas exceptionnel 1101 cartes ! Ce nombre impressionnant résume un ensemble cohérent et étroitement thématique qui mérite à lui seul plusieurs tomes. Etonnamment, on a découvert cet ensemble assez récemment lors d’une vente aux enchères chez la maison viennoise Markus Weissenböck, il y a une dizaine d’années. On a constaté cependant qu’elle comportait « des trous » c’est-à-dire des numéros manquants et dont on ne sait pas grand-chose. Cette série dite « Wiener Werkstäte » à pour sigle « WW » imprimé au verso de chaque carte «, cachet identitaire de cette série. En ce début du XXème siècle, Vienne alors capitale impériale et culturelle, occidentale, rayonnait de tous ses atouts jusqu’aux confins de l’Europe. Ces cartes furent conçues par l’école d’arts appliqués, la « Hauptgewerbeschule » école comptant dans ses classes des élèves prestigieux tels que : Egon Schiele, Oscar Kokoshka, Joseph Hoffmann, Maria Likarz, Moris Yung ,etc. D’autres cartes se rangeant dans cette catégorie relèvent du domaine privé, manufacturier, ou publicitaire, et leur intérêt découle de « L’art de l’Affiche », art qui a acquis ses lettres de noblesse sous les pinceaux de peintres illustrateurs dont : Alphonse Mucha, Jules Chéret (son créateur), Toulouse-Lautrec, Pierre Bonnard, Raphaël Kirchner, Caran- d’Ache, G.Bernard etc. Au fil du temps, le prix de ces cartes alla crescendo et leur nombre raréfié sous la demande d’amateurs allemands et surtout américains qui ratissèrent les bourses et marchés européens. Les cartes de Mucha furent désormais thésaurisées massivement et la clientèle européenne prétéritée dans son ensemble. Du reste, l’Amérique ne tarda pas à contribuer généreusement à la Fondation d’un « Musée Mucha »à Prague. Rappelons que la carte postale illustrateur est un format réduit à 9x13cm env. reproduisant l’Affiche originale dont elle est issue. L’excellent livre « Art Nouveau, la Carte Postale » coécrit par G.Fanelli et E.Godoli en rapporte lumineusement ses différentes sortes, origines et lieux d’édition. Cependant, force est de constater qu’on y a omis de présenter les cartes « WW », citées plus haut, mais cela s’explique par le fait que cette illustre série ne fut découverte que postérieurement à la parution de leur ouvrage en 1992. Les cartes postales illustrateurs, outre qu’elles attirent l’amateur par leur charme et leur virtuosité artistique, témoignent également d’un certain art de vivre de l’aube du XX siècle en Europe. Dans son livre, Sarah Bernard célèbre comédienne française déclara « On s’amuse comme des fous ». Les historiens modernes surnommèrent cette période « Belle Epoque ».En termes de transactions pécuniaires, ces cartes se placent au top niveau des cotations de ce loisir enchanteur. Elles représentent le must de la collection cartophile. De nos jours, ces cartes postales poursuivent leurs succès auprès du public nonobstant la multiplication des outils de communication-on line : Internet, Google, Facebook, You Tube etc. grignotant sans relâche leur terrain.

Outre pacifique, les artistes chinois de l’ère post maoïste ou intermédiaire, ont montré une virtuosité stylistique remarquable à travers des dessins et croquis réalisés en hommage à la beauté féminine chinoise. Cet art a pu se tracer un chemin entre les rigides motifs propagandistes des dazibaos populaires et les expressions naïves et simplistes des modèles chinois traditionnels. Ces cartes artistiques se distinguent leur faible tirage et surtout une exécution raffinée. Pendant la révolution rouge, les troupes de Mao criaient à hue et à Dia leurs slogans anti occidentaux connus : » A bas l’impérialisme américain, à bas le révisionnisme soviétique ». De manière générale, l’idéologie politique officielle était exprimée au travers des dazibaos (affiches politiques) qui recouvraient les murs des rues et des maisons. La révolution maoïste totalitariste, ne laissa aucune place à la parole libre et populaire. Mao-Tsé-tong exerçait un pouvoir absolu et répressif sur l’ensemble du territoire chinois. Durant un court répit répressif 1960-1962, quelques artistes isolés donnèrent cours à leur imagination et produisirent des cartes postales illustrateurs dignes des meilleures de leurs consœurs occidentales, voire mieux. En outre, ces cartes illustrateurs chinoises étaient enrichies de poèmes de grands écrivains, poèmes lisibles au recto de chaque carte. A notre connaissance, très peu de ces cartes illustrateurs chinoises traversèrent l’Océan, et venues enrichir passionnément l’univers convoité de ces cartes.  

Au vu du marché de l’art et des loisirs, la carte postale a un futur devant elle. Elle ne montre aucun signe de fatigue ni d’usure face aux prédateurs nombreux qui se dressent face à elle. A contrario, le timbre accuse une baisse d’intérêt public général. Les générations nouvelles ne s’en soucient guère. Les réseaux sociaux modernes l’adoubent sans scrupule et sans crainte. Elle assure une facilité de correspondance claire, transparente et sympathique.

 

 

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