07/04/2017

La bise noire

 

Je me souviens d’un jour d’avril,

quand la bise noire s’abattit sur le lac,

et giflait sans égard tout venant.

Sa force vive et transparente,

taclait rageusement des crêtes naissantes.

On entendait alors gémir les toiles des voiliers,

et crisser plaintivement les haubans.

Des mouettes râleuses, ivres et oisives,

piquaient de leur bec cisaillant,

les larmes écumeuses des remous,

comme pour broder les franges éparses de l’intruse.

Les poulardes inquiètes et peureuses,

au milieu de cygnes effarouchés,

regagnaient précipitamment leur gîte pierreux,

sous ce morne ciel de deuil et de colère.

Le lac ressemblait à un tas d’oripeaux flottants.

Le long des quais, de jeunes arbres,

effeuillés et malmenés imploraient le ciel.

Certains, se retrouvant gisants, sans vie.

Leur triste fin blessait mon regard.

Par-dessus le macadam, des essaims de feuilles mortes,

éperdues, virevoltaient et valsaient follement,

frappant comme d’impitoyables lanières en cuir,

et dans un chahut électrique,

la carcasse sifflante des voitures peinant à rouler.

C’était un jour d’Avril, dopé de bise noire.

Un vent du Nord patibulaire et glacial,

pénétrant, mordant, indésirable,

lacérant le badaud d’un impossible souvenir.

Ce jour-là, mon âme était lourde et brisée.

La bise noire est une vielle dame malicieuse,

Malfaisante jumelle de la sorcière hideuse de Halloween.

 

4 Mai 2016 © Burt Hann

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04/04/2017

ChapitreIV

 

 

 

Le ramoneur.

Le ramonage est un métier ancien répandu surtout en Europe. Produit dérivé de la Révolution industrielle, sa naissance date du milieu du XIX siècle (1850). La recherche de confort, notamment une ambiance cosy, dans les maisons individuelles des villes et des campagnes a vu naître les cheminées, lesquelles constituent un décor de charme bourgeois. Dans ce métier, la pratique tient lieu de tout savoir, ne reposant aucunement sur aucune théorie mathématique imaginaire. Essentiellement, l’intervention du ramoneur est de nature préventive, car elle consiste à prévenir la maison du risque d’asphyxie ou de l’incendie. La suie, le bistre des conduits sont des cendres inflammables. C’est une opération de courte durée de nature préventive. Le détartrage des conduits, est généralement effectué une fois par an. Un carnet de route est ordinairement tenu par le ramoneur qui consigne à chacun de ses passages la date et la durée des travaux. Une brosse métallique multibrins et une raclette, sont les outils de base du ramoneur qui travaille généralement seul. La mécanique, l’électricité ont supplanté depuis quelques années les interventions manuelles. La productivité y a gagné. Les cheminées courantes artisanales, sont trop étroites, c’est la raison pour laquelle on fait appel à de jeunes garçons à taille fine, tels que le montre notre photo. De nos jours, on introduit de l’extérieur un long ressort métallique ayant à la tête la brosse métallique, commandée électriquement. Le métier a évolué et la pénétration physique du ramoneur n’est plus qu’un noir souvenir du passé. En outre, celui-ci est préservé de maladies dangereuses dues au toucher et respiration de particules cancérigènes du bistre. En Allemagne, les ramoneurs portent des uniformes élégants et distinctifs.

La carte postale ci-dessous représente en gros plan un jeune ramoneur genevois. Cette image a quelque ressemblance avec les cartes dites : « type de Genève ». Mais elle n’en est pas une : cela pour deux raisons : 1) elle ne porte pas la légende caractéristique de ces cartes. Deux, l’éditeur est Max Kistler et non Juliens frères-photographes Genève. Elle a voyagé en 1905. Cependant, elle est rare et recherchée.

 

 

                                                                        carte postale, le ramoneur.jpg                                        

 

 

 

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30/03/2017

Chapitre III

Carte salon 1905.jpg 

Le Salon de l’automobile Genève

Le Salon de l’auto de Genève a plus que cents ans, et il est toujours aussi étourdissant et fascinant qu’au premier jour de son ouverture. Celui-ci ouvrit ses portes le 29 avril 1905. On y compta une foule de près de 13.000 visiteurs. Aujourd’hui, les portillons dénombrent près d’un quart de million de visiteurs, mixant genevois, romands, suisses-allemands et étrangers. Son initiative et lancement naquirent d’une volonté de personnalités genevoises visionnaires, un quarteron d’entrepreneurs et d’industriels du marché automobile à Genève et en Suisse. Ces patrons n’avaient pas reçu que des encouragements. Certains contempteurs les accusèrent d’avoir pris un pari audacieux et aventureux, telle une bouteille jetée à la mer. Mais sûrs et convaincus de leurs plans, ces vaillants chefs d’industries avaient compris que le XXe siècle sera l’âge d’or de l’automobile. Ils avaient aussi compris que la belle Genève, par son expérience historique des foires et des marchés, par sa situation géographique centrale européenne, par la facilité de sa connexion et des communications avec le monde, méritait de plein droit l’installation d’un vivier technique et commercial à rayonnement international. A sa création, on lui donna le nom de : « Exposition Nationale Suisse de l’Automobile et du Cycle ». Puis de national, c’est devenu international dès 1924. Après une interruption en 1939 due à la deuxième guerre mondiale, le Salon de l’auto redémarra en 1947 et devint annuel. D’emblée, les marques françaises dominèrent le salon mais le sérieux et le « Know how » des marques allemandes et américaines s’imposèrent grâce à la puissance, au confort et au luxe de leurs limousines. Des marques étrangères : japonaises, sud-coréennes, brésiliennes et autres rejoignirent le club des fabricants influents. Aujourd’hui, après de plus de cent ans d’un immense succès populaire, de substantielles retombées financières, d’une vitrine prestigieuse, la présence du Salon international de l’automobile à Genève n’est plus à justifier. Et les genevois ont donc une raison d’en être fiers.

Pour sa communication, son annonce, sa propagande, le salon de l’auto de Genève eut pour tradition, publicité oblige, de créer une affiche circonstanciée schématisant son action par l’image. Chaque année, il lança un concours de réalisation d’affiches publiques symbolisant l’exposition à venir. Il confiera alors au lauréat l’exclusivité de l’édition. Parallèlement, son imprimeur livra au public, une carte postale 9x13 cm, reproduisant en format réduit le contenu de l’affiche. Cette action ravit les afficionados de l’auto et fidélise les cartophiles amoureux de l’auto. La carte postale ci-dessous est la première carte postale du Salon. Elle fut émise en 1905. Elle est rare et difficile à trouver. Avec la dernière carte du Salon, celle de 2017 en couleur, le lecteur mesurera la fulgurante évolution du graphisme, sa simplification et son abstraction. Pour conclure, la carte postale préfigura les paramètres visuels et documentaires de notre télévision actuelle et souligna la forte domination de l’image dans notre société post moderne. Elle affirme avec force, la prépondérance de l’image sur le texte, sous-tendant un texte intelligible sous la couche de l’image.          

Pour plus de amples informations ad-hoc, nous prions le lecteur de se référer au livre jubilé publié par la Tribune de Genève en 1979, intitulé : « 50 salons de l’automobile Genève ». Un large tour d’horizon informe sur l’essentiel de la Fondation de ce joyau de la dynamique économique et promotionnelle genevoise.

 

 

Carte Salon 2017.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

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